samedi 12 mars 2011

Un jour ordinaire


Mardi. Jour du gras. Derrière un soleil tendre, le jour décroît. Le quai d'une gare. De long en large. Lentement, l'effacer. Le regard dans le lointain et la tête basse. Banalité du quotidien. Un agent est là. Tout est calme. La radio doucement fredonne. "Tout va bien". Une journée semblable aux autres.
18h48. Bientôt le moment. Quelques instants à attendre. L'agent disparait. Le temps de s'en griller une... 18h53. Un TGV déboule. C'est maintenant !

Freinage d'urgence. Signaux de détresse. Un homme crie. La radio aussi. Faire vite. Courir. Et voir... Morceaux d'être et débris d'âme. A nu. Un corps en désordre. L'indécence humaine. Des minutes sans fin. Le bruit des sirènes. De l'aide. Tout recoller. La nuit est là, glaciale. Ne plus regarder. Lentement, effacer.
22h15. Plus rien, plus personne. "Tout est bien". Un train file. Comme s'il ne s'était rien passé. 22h30. Enfin partir. Fermer la gare et baisser les paupières. Le dos qui pèse soudain. Tout était si calme.
Mardi. Jour du gras. Et si ça avait été moi...

Tic... Tac...

Tic... Tac... Peu à peu, le jour s'éteint. La nuit s'endort. Derrière les fenêtres, les rideaux se ferment. Bientôt plus personne. Les hommes quittent la vie. Le repos... Demain peut-être...
Tic... Tac... Ici tout est allumé. Tout est bruit. Derrière les carreaux, une vie en lambeaux. Bientôt plus personne. La vie quitte un homme. Le répit... Demain peut-être...
Tic... Tac... Peu à peu, la nuit étreint. Le bruit s'endort. La vie s'enferme, derrière des barreaux. Là-haut on sonne. Dans les pommes une tombe... A remplacé un hêtre...
Tic...

samedi 27 novembre 2010

Ta solitude

Maussade et amer. Quelque chose d'indéfinissable. Elle avait fuit quelque temps seulement. Elle resurgit. Elle est là ! Pesante. L'apprivoiser ou la quitter.
Ce que je vois. Ce que je ressens. Tout ce que je tais. Elle m'avait oublié et la revoilà ! Sans s'occuper de moi, seule à ses occupations. Sentiment de vide, d'inexistance. Sa caresse n'a pas de sens. Elle s'intéresse à d'autres. En silence. Ce cas m'isole du monde. M'amorphose de sa présence.
Entre ces murs. Une porte s'ouvre chaque semaine. Ne plus la revoir. Me sentir vivant. Court soulagement. Elle fuit quelque temps seulement. Présence lointaine. Proche distance. Elle se joue de moi. Elle se cache. Je sais qu'elle est là. Elle me trompe, elle me ment. Elle fait mal. Ne rien dire. Espérer qu'elle s'éclipse. Qu'elle se chrysalide. Pour de bon...